La malédiction nous poursuit : réveillés tôt pour enfin gouter aux fameux Banh Cuon (souvenez-vous, le petit restaurant était fermé et devait réouvrir aujourd'hui), quelle déception en constatant que le rideau de fer était toujours baissé ! Mes amis, nous vivons des drames sur Mange Pas Ton Chat. Mais il faut relever la tête et se montrer forts devant l'adversité, alors nous retournons chez notre petite mamie dans la même rue pour une succulente assiette de riz et saucisses à la citronnelle. La matinée est sauvée.

Il est temps de se diriger vers le port de Saigon où notre hydrofoil nous attend direction Vung Tau. Villégiature la plus proche de Saigon, c'est un peu la Deauville vietnamienne. Et comme nous sommes un peu chez nous ici on se la joue locale et nous partons y passer un week-end. Pas vraiment pour la plage (nous revenons de quatre jours d'ile déserte) mais pour le trajet en bateau rapide (1h30 sur la rivière) et surtout pour une course de lévriers unique en Asie. Tous les guides vous le diront, le voyage ne vaut pas le détour. Mais nous on s'en fout, on y va quand même, d'autant que son ancien nom, le Cap Saint Jacques, évoque les jolis souvenirs de ma mère qui y passait ses vacances petite fille.
La traversée est belle, de majestueux tankers pendant une demi-heure suivis d'une foret de mangrove pour finalement déboucher dans la mer en vue du Cap.
Location de motobike en face du débarcadère, et c'est parti mon kiki. Nous avons réservé une chambre chez Maccas Place, pension en centre ville tenue par un australien. Le quartier est charmant, très calme, les enfants jouent dans la rue et la chambre est impeccable pour un prix très attractif (25$).
Petite consultation sur l'internet pour trouver un endroit sympa où déjeuner (au passage, nous vous recommandons chaudement le site Homemadevietnam et son blog) et nous atterrissons au Lan Rung, resort au bord de l'eau. Pattes de grenouilles et coquilles Saint Jacques au beurre et à l'ail dans un magnifique cadre, que demande le peuple ?
Après digestion, le peuple repu enfourche son fidèle destrier à la découverte de la ville et à la recherche ... d'une paire de tongs. Touriste toi qui nous lis, si tu veux des tongs, tu les achètes en France. Bref, petit passage à la pagode Niet Ban Tinh Xa et son Bouddha couché pour bruler de l'encens en pensant à nos amis dans la tristesse.
Et comme la mer n'est pas loin petit bain pour se rafraichir et retour chez Maccas pour reprendre des forces avant notre folle soirée.
Il est 19h, armés de dongs (la monnaie locale) nous voilà prêts en route vers le stade. Les gens arrivent et la tension monte doucement. Nous allons assister à un spectacle rare et unique en Asie : une course de lévriers (et accessoirement seul lieu de pari légal autorisé pour les vietnamiens) organisée tous les samedi. On nous distribue un livret qui indique course par course (douze au total) le nom, les performances et la cote des toutous.
L'heure a sonné, les chiens défilent et leurs entraineurs les placent derrière la ligne de départ. Le gyrophare s'enclenche, et c'est parti. Franchement on se prend au jeu et c'est statistique sur statistique pour savoir qui va gagner. Une euphorie partagée par un stade entier, ce moment est magique.
Et on gagne (parfois), avec le sentiment d'être les rois du monde. Franchement ? N'écoutez pas les guides, et précipitez-vous à Vung Tau, rien que pour ça et la douceur de vivre à la vietnamienne de cette charmante station balnéaire.