samedi 7 mars 2015

J2 - Vacances on oublie tout, plus rien à faire du tout


Le rythme indolent s'installe doucement, et avec lui le bonheur de ne rien faire, ou si peu.
Saigon est une ville qui s'apprivoise, et chaque année passée nous donne envie d'y rester plus longtemps, quitte à prendre notre temps et s'y laisser vivre.
Nous logeons chez l'habitant et c'est sûrement plus simple de s'y sentir chez soi.
Moins traditionnelle qu'Hanoï, elle a gardé un certain "charme" colonial notamment dans le district 1, avec ses grandes avenues larges, les grands hôtels d'époque comme le Majestic ou le Rex, l'hôtel de ville, l'Opéra, et nos deux visites du jour : la poste et la cathédrale Notre Dame de Saigon.





Mais c'est aussi une ville prospère en pleine mutation qui se modernise constamment et l'arrivée du métro est imminente (2018). Pas moins de six lignes sont en cours et c'est peut être la disparition annoncée de petits métiers comme les conducteurs de Xe Om (moto taxi).
Le chantier est gigantesque, c'est dans un paysage apocalyptique que parfois nous déambulons.



Nous ne débattrons pas ici du bien fondé (ou non) de cette évolution, le nombre d'habitants croît chaque année et il faut bien loger tout ce petit monde, le tourisme (manne financière) est en constante augmentation et il est dans l'ordre des choses qu'une ville change au gré des ans.
Mais les grattes ciel qui poussent comme des Banh Mi donnent à Saigon la physionomie de cités comme Hong Kong ou Singapour, mégapoles centrées sur les affaires, avec le risque d'y perdre son âme originelle avec la destructions des quartiers historiques ou l'expropriation des classes moins aisées.



Mais revenons à un peu de légèreté avec un petit point Masterchef (ça fait beaucoup plus d'audience).
Banh Mi signifie "pain" en vietnamien, dérivé du français "pain de mie". Il ressemble à une petite baguette mais la farine de riz remplace la farine de blé. C'est également le nom du petit sandwich peu couteux (entre 15.000 et 20.000 dongs, soit environ 80 centimes) dont la recette varie selon les étals (carottes, concombre, radis blanc, coriandre, nuoc mam, paté de foie, et au choix saucisse, porc grillé, oeufs etc etc).
Il se savoure généralement au petit déjeuner et c'est un peu notre pain quotidien.


Et comme il faut bien occuper son temps entre deux repas, outre les visites ci-dessus mentionnées, l'activité du jour consiste à réserver nos billets de speed boat pour un prochain séjour à Vung Tau et acheter des cartes Sim Viettel pour installer le Mimax qui nous permettra de profiter de l'internet illimité à moindre coût pendant un mois (170000 dongs soit environ 7 euros).
La quête du Graal à côté c'est que dalle. On est gentil, on vous passe les détails des 1345 km à pied sous le cagnard pour trouver l'agence maritime (merci Google Map) et les 4537 boutiques téléphoniques qui n'avaient pas l'appareil magique transformant une simple carte en nano pour iPhone 5. Ce fut finalement dans le quartier des routards que nous trouvâmes le précieux.
Une bière s'imposait pour fêter ça (il n'y a pas de petites victoires), et le ridicule aussi avec la perche à selfie (le ridicule ne tue pas non ?)


Une nouvelle chaine de restaurants a fait son apparition depuis l'année dernière, Mon Hué, spécialisée dans la cuisine du centre. On vous rappelle que Hué est réputée pour sa cuisine, sensée être la plus fine et raffinée du Vietnam, et si vous nous le saviez pas maintenant c'est fait.
Il y a aujourd'hui une trentaine d'enseignes dans Saigon (en un an, quand on vous dit que tout évolue vite ici !) et la spécialité est le Bun bo Hué, soupe de nouille epicée servie avec de la viande de boeuf.
On perd un peu le côté authentique avec le côté "chaine" mais les plats sont bons et peu chers, et les vietnamiens sont plutôt assez forts en la matière, comme par exemple Pho 24 (on rigole pas avec la nourriture ici). Rien à voir avec notre Flunch donc.


Soudain l'inertie nous gagne, et nous rentrons pour une sieste bien méritée. C'est obligatoire la sieste au Vietnam, il parait même que tu peux être lapidé sur la place du marché Ben Thanh si tu tentes d'y échapper, du moins c'est ce qu'on nous a dit.
Et c'est donc trois heures après que nous nous réveillons, telle la Belle au bois dormant, pile poil pour ... le diner. Et ça tombe bien, on va manger des grenouilles ! (c'était pas un prince, on a vérifié).










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