C'est Donc réveil aux aurores aujourd'hui pour prendre l'avion direction Con Dao, célèbrement connue sous le nom de Poulo Condor. Ancien bagne des colonies françaises depuis le 19ème siècle, repris par les américains jusqu'en 1975, cette ile est synonyme pour les vietnamiens d'enfer sur terre.
Mais aujourd'hui c'est au paradis que nous débarquons. La ville principale compte moins de 5.000 habitants et le tourisme n'est pas encore à son plus haut point de développement. Une dizaine de resorts à peine, pour une superficie de 51 mètres carrés. Situé dans la mer de Chine, l'archipel est accessible par avion depuis Saigon ou par bateau depuis Vung Tau. Le billet reste assez cher comparé à d'autres destinations du pays, ce qui explique la moindre recrudescence touristique, et c'est tant mieux.
En arrivant la première impression est vraiment étonnante : toutes les routes sont goudronnées, bien propres, avec un très joli bord de mer parsemé de chics lampadaires et digne d'une villégiature de la côte d'azur, mais il n'y a personne, vraiment personne !
Après l'euphorie saigonnaise un peu de calme n'est pas pour nous déplaire. Nous logeons au Con Dao Camping, resort sur la plage et comme son nom ne l'indique pas, les chambres ne sont pas des tentes mais des sortes de tipis alignés les uns des autres. L'endroit est charmant, et l'un des moins chers de l'ile (environ 35 dollars)
Par contre il n'y a pas de restaurant dans ce resort et après un bain de mer dans l'eau fraiche (23 degrés !) nous louons une motobike pour explorer la ville et les multiples propositions culinaires qui pourraient s'offrir à nous. Tout est désert, c'est l'heure de la sieste, et ici, quand c'est l'heure de la sieste, c'est pas l'heure de manger. Une petite gargote semble ouverte, et nous nous installons. Ils servent un plat unique, comme très souvent au Vietnam quand vous mangez dans un restaurant de rue. Et ici c'est Banh Xeo, une sorte de crêpe de farine de riz et curcuma, garnie de viande de porc, de toutes petites crevettes et de germes de soja. Elle se déguste en rouleau que l'on se fabrique soit même à l'aide d'une feuille de riz, de salade et d'herbes multiples, le tout trempé dans du nuoc mam. Et c'est délicieux.
Après ce succulent repas nous décidons de visiter un bout de l'ile en longeant la côte vers le sud-ouest, où la route s'arrête net au bout de dix kilomètres ! Mais le paysage est splendide, et c'est un régal de rouler, nez au vent. Con Dao est souvent ventue et cette petite douceur est plutôt agréable quand il fait plus de 35 degrés.
Petit arrêt dans un café au bord de la route, le temps de boire une bière et de constater que le toit est en tuile ... d'Indochine ! Un vieux stock datant des colonies ?
Autant la sieste est obligatoire et son non respect passible de sévices corporels, autant l'oubli de l'apéro peut provoquer une mise à mort par noyade (si si, on nous l'a dit aussi). Et comme on ne préfère pas prendre de risque, nous nous exécutons bien sagement dans un joli bar en face de la mer où les cocktails sont à 75.000 dongs (3,27 euros pour être précis). Pourquoi se priver ? Entre ça et la bière à 50 centimes le Vietnam est le pays de tous les dangers et rendez-vous est pris dès notre retour à Paris aux alcooliques non anonymes. Reste à trouver un restaurant pour diner et éponger tout ça, et, c'est déjà un peu éméchés que nous atterrissons dans un grand hangar spécialisé dans les animaux qui vivent dans l'eau. Alors parfois méfiance, quand on vous annonce BBQ Fish, ce n'est pas du poisson cuit au barbecue mais SERVI avec une sauce barbecue ... et c'est pas bon ... Mais le chat a bien aimé.
La fatigue se faisant sentir, il est temps de rentrer nous coucher et de retrouver le chemin de notre resort et de rouler, rouler, rouler pendant dix bonnes minutes pour s'apercevoir qu'il était tout juste en face du restaurant ... C'est pas la peine de rigoler on vous entend d'ici !















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